Cours de biologie marine concernant les nageoires des requins
Requin tapis barbu (Eucrossorhinus dasypogon) / Crédit : Bruno Labins

Cours de biologie marine concernant les nageoires des requins

Introduction

Les requins ont plusieurs ailerons qui ont chacun une spécificité en fonction de l’animal et de son milieu ainsi que de son mode de vie.

Au cours de l’évolution, les animaux se sont adaptés à leurs environnements en adoptant plusieurs changements cependant depuis un certain temps, les requins ont la même physionomie.

Nageoire dorsale

Bien souvent interprété à tort comme un signe annonciateur d’attaque, il n’en est rien. Les squales sortent leurs ailerons de l’eau afin de se réorienter et de se repositionner. Celui-ci leur permet en effet de se stabiliser et leur sert en quelques sortes de boussoles sous l’eau ce qui démontre malheureusement que les requins vont mourir au fond de l’eau lorsqu’ils sont victimes du shark finning. De plus, cette nageoire peut servir de « pectoral de rechange ».

Il a été observé chez le requin marteau halicorne (Shyrna lewini) et le grand requin marteau (Sphyrna mokarran) que ceux-ci penchent leur corps de telle sorte à avoir la nageoire dorsale de coté ce qui leur permet d’orienter leur tête pour avoir une vision de la surface et des profondeurs en même temps, mais aussi d’avoir un gain d’énergie.

Nageoire pectorale

Les nageoires pectorales vont permettre aux requins de changer de direction et en partie de se déplacer. 

Les nageoires pectorales sont rigides, les requins ne peuvent pas les plier, ils ne peuvent que les incurver vers le bas. Ils le font parfois pour intimider un congénère ou une autre espèce.

Pour les squales benthiques, il est possible d’utiliser les nageoires pectorales en partie comme des “pattes” afin de se déplacer sur le fond.

Nageoire Caudale

La nageoire caudale est le “moteur” du requin, elle va être adaptée en fonction de son habitat. Les requins de fonds vont avoir une nageoire avec un lobe inférieur beaucoup plus petit que le lobe supérieur (voir sur cet article)Certaines espèces utilisent leur caudale pour la chasse, on peut citer le requin renard (Alopias vulpinus)qui l’utilise pour fouetter ses proies  ou bien le requin mako (Isurus oxyrinchus) qui a une nageoire en croissant (pratiquement homocerque) lui permettant des courses-poursuites avec les thons dignes d’un fast and furious. 

Nageoire pelvienne

Chaque nageoire pelvienne aide le poisson à aller vers le haut ou vers le bas à travers les différentes couches d’eau, tournant brusquement, et s’arrêtant rapidement. Cette paire de nageoires pelviennes correspond aux membres postérieurs des vertébrés (membres postérieurs = pâtes arrières), dont on voit déjà une évolution chez les cœlacanthes et les dipneustes au niveau anatomique. Elles sont les homologues aux membres postérieurs des tétrapodes. Pour les requins mâles, les ventrales sont caractérisées par la présence du ptérygopode, un organe copulateur utilisé pour l’accouplement.

Nageoire anale

Nous pouvons observer chez des espèces de poissons comme la morue, qu’ils disposent de deux nageoires anales distinctes. À l’opposé, certains groupes de poissons n’en disposent pas, en particulier chez les élasmobranches (nos amis les requins). Chez les poissons comme les Tétraodontiformes ou les Balistidés, la nageoire anale est d’une importance particulière pour les besoins du mouvement, notamment chez le poisson-lune, une atrophie de la nageoire caudale, qui, chez la plupart des poissons est le principal organe du mouvement, a conduit à un développement amplifié. Celui-ci, couplé à la nageoire dorsale, permet au poisson-lune de se déplacer lentement en se balançant. Grâce à elle et aux deux nageoires dorsales, le requin peut nager en ligne droite. Les forces se compensent avec celles de la poussée exercée par la nageoire caudale.

Matteo Maurel

Je suis un jeune ayant fait des études d'aquariologie, passionné des requins, ayant travaillé avec certaines espèces en aquarium, avec comme objectif de changer les mentalités.

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