Entre politique et hypocrisie : mise en lumière d’un massacre tenu secret
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Entre politique et hypocrisie : mise en lumière d’un massacre tenu secret

Les requins sont massacrés partout dans le monde. Près de 100 millions d’entre eux sont tués chaque année. Il est donc important d’agir dès maintenant, c’est pourquoi certains pays protègent les requins. Cependant, il existe parfois un paradoxe important entre la politique de protection d’un pays et son application. Vous allez découvrir ici un triste exemple, mais bien réel de ce paradoxe qui perdure encore de nos jours à grande échelle.

La demande alimentaire en cause

Crédit : George Hodan

Cet exemple concerne l’Australie, autrement dit l’île continent, connu notamment pour la grande barrière de corail qui constitue la plus grande formation animale. L’Australie est réputé pour sa biodiversité extraordinaire, aussi bien terrestre que marines, n’est pas irréprochable sur l’aspect de la protection environnementale. En effet, la politique économique du pays se base sur des énergies minières, très importante pour son économie, et ne semble que très peu intéresser par l’idée d’une transition écologique.

Bien que ce pays ne soit pas parfait sur le plan écologique, certaines espèces de requins sont protégées: leur pêche est fortement limitée sur le territoire et est pratiquée de façon durable dans les eaux australienne. Parallèlement, la demande de requin est en constante augmentation sur le marché australien. Cette demande est principalement due à la consommation de “Flake and chips”. Ce repas est légèrement différent du fameux “Fish and chips” anglais, puisqu’on y retrouve du requin tel que émissoles lisse et requins hâ. Cette recette est devenue populaire et donc, la demande augmente constamment. C’est ainsi qu’est apparu le problème de répondre à cette demande en hausse. Comment peut-on exercer une pêche durable dans les eaux territoriales lorsque la demande augmente tout en limitant le nombre de requins tués ?

La solution est simple, les requins sont tués dans une autre région du monde. Ironique n’est-ce pas ?
Les requins sont pêchés de façon non-durable dans les eaux sud-africaine et cette pêche met en grand danger la biodiversité marine, car elle n’est pas sélective ! 

La pêche à la palangre

La méthode de pêche responsable de ça massacre est la pêche à la palangre. Qu’est-ce que la pêche à la palangre ?
La palangre est une méthode de pêche dans laquelle il y a une ligne mère qui peut mesurer plusieurs kilomètres sur laquelle on retrouve des ameçons. Cette méthode de pêche est peu sélective et provoque la disparition d’oiseaux marins et de nombreux animaux pélagiques.

Pour le problème étudié, cette méthode de pêche vise principalement les émissoles lisses (Mustelus mustelus) et les requin-hâ (Galeorhinus galeus), constituant principal du “Flake and chips”. Ces deux requins se retrouvent même dans le top 5 des requins les plus rentables en Afrique du Sud. Et malgré une diminution alarmante de la population de ces espèces, peu d’étude sur l’impact environnementale de cette pêche a été réalisée à ce jour ce qui montre l’ignorance total du danger de cette pêcherie. Les estimations sont inquiétantes et montre qu’il est urgent d’agir. D’après une étude menée par la DEFF (ministère de l’environnement des forêts et des pêches) les émissoles lisses et les requins hâ sont en voie d’extinction et de nombreuses preuves montre l’impact important de cette pêche sur la population de ces requins. Mais aucun observateur de pêche et très peu de suivi sont mis en place sur les bateaux de pêche australien dans ces eaux. Il n’y a donc aucune mesure politique prise pour la protection de ces espèces face à ce danger. 

La population aurait diminué de plus de 30 % depuis 1991 pour les émissoles lisse. Actuellement, il y a en moyenne 125 tonnes de requins capturé. Afin d’avoir une pêche durable, il faudrait qu’il y ait moins de 75 tonnes de requins pêché. Cet objectif étant calculé pour que l’espèce puisse reconstituer les stocks et ainsi avoir une biomasse positive.
Le requin  est lui surexploité, les études montrent une diminution de 2.5 % par an du nombre de captures ce qui indique une probabilité non-négligeable que la population ait fortement diminué. Celle-ci aurait diminué de près de 85.1 % en 3 générations. Si nous n’agissons pas maintenant, le requin hâ pourrait connaître une extinction commerciale d’ici 2055.
En 2017, près de 40 tonnes de requins ont été exporté de l’Afrique du Sud vers l’Australie. Tandis qu’en 2018, il y a environ 55 tonnes ce qui montre la demande croissante de requins. Il est donc urgent d’agir ! 

L'appauvrissement des océans

Comme expliqués auparavant, ici, les requins sont pêchés dans un but d’être consommés sous forme alimentaire. La discrétion fait que cet aspect de ce commerce n’est pas mis en avant et la composition du “Flake and chips” reste quelques fois un mystère pour les consommateurs. En effet, peu d’informations sont donnés aux consommateurs sur le type de pêche ou si celle-ci est durable. C’est ainsi que les requins continue d’être massacré pour ce plat australien. 

La quantité énorme de requins exploités n’est que rarement évoqué et bien que cela semble irréel, cette pêche au nom du commerce Australiens anéanti la biodiversité marine sud-africaine. Son impact est tellement important que le nombre de requins blancs a diminué considérablement en Afrique du Sud. Ce prédateur emblématique des eaux sud-africaines quitte la zone par manque de nourriture, preuve accablante de l’appauvrissement des océans! La pêche s’étant même dans des zones marines protégées en toutes impunités ce qui démontre le manque de contrôle de ce massacre et qui réduit considérablement les zones dans lesquels on pourrait retrouver un écosystème conserver de ce danger.

Avons-nous le temps?

Ces massacres ont lieu tous les jours, cependant peu en parle et peu d’études sont menés par rapport à l’impact écologique sur le milieu marin de cette pêche. De plus, celle-ci met en péril l’écotourisme et de nombreux autres domaines en Afrique du Sud. Les quotas de pêche autorisés par le gouvernement dépassent largement les recommandations scientifiques (en moyenne 2.2 fois le quota conseillé par les scientifiques), ce qui montre le manque d’intérêt politique total envers l’écologie et une l’ignorance de l’importance des requins pour l’environnement marin.

La solution semble compliquée à mettre en place, mais l’objectif des scientifiques n’est pas que ces pêcheurs perdent leurs travails. Ils cherchent à les réorienter vers une pêche plus durable et moins dommageable pour l’environnement marin. Ainsi, la pêche des requins serait mieux contrôlée et il y aurait même une création d’emplois non-négligeable dans d’autres domaines.

Agissons maintenant

Il est désormais important d’agir. Le problème, bien que discret, est connu, il est alors de notre devoir de lutter contre ce massacre. Le manque d’information du grand public et de suivi est en cause du manque d’action collective. La preuve, les requins sont tués en grand nombre pour finir dans les assiettes d’un pays qui les protègent territorialement mais qui les massacres de l’autre côté de l’océan. Les requins jouent un rôle essentiel dans la chaîne alimentaire. Alors pourquoi laisser ce massacre dans l’ombre, inconnu de tous ? Pourquoi ne pas agir tous ensemble? Les scientifiques, les écologistes, les opérateurs touristiques et mêmes les pêcheurs locaux appel à l’aide au gouvernement qui manque à répondre. Des reportages télévisés, des rapports scientifiques en masse accusent ce massacre mais, le manque de suivi sur le plan politique est accablant. Ainsi, les quotas de pêche, au cours de ces dernières années, sont 3 fois plus élevé que ce qui est recommandés par les scientifiques.

Nous sommes tous témoins de ce massacre qui est désormais, connu du grand public. Si nous n’agissons pas nous deviendront de façon indirect, responsable de ce massacre, car nous sommes restés passifs. Comment peut-on fermer les yeux sur ce massacre pour une question économique ? La richesse des océans est inestimable!

Agissons, tous ensemble nous pouvons obtenir des résultats. Je vous invite alors à consulter ce site qui vous montre avec précision les démarches à suivre et agissez pour la sauvegarde des requins : https://sharkfreechips.com/take-action/

Pour savoir comment limiter son impact au quotidien sur les requins cliquez sur le lien: https://lepeaubleu.com/comment-limiter-gratuitement-son-impact-sur-les-requins-au-quotidien/

Signez cette pétition pour aider les requins d’Afrique du Sud: https://www.change.org/p/department-of-environment-forestry-and-fisheries-deff-save-our-sharks-in-south-africa-ab939b47-91f0-4e8a-9472-4f2e7fccbdb8?

Paul Abaut

Étudiant en biologie marine passionné des requins qui aime partager sa passion pour ces prédateurs. Également guide de plongée N4.

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