Journal de bord d’un requin : Le requin pointes noires
requins pointes noires (Carcharhinus melanopterus) Crédits : Galice Hoaurau

Journal de bord d’un requin : Le requin pointes noires

Le requin pointes noires est un animal vivant en milieu corallien, il se nourrit de manière générale de céphalopodes et de poissons récifaux. Cette espèce est capable de se nourrir de plusieurs choses pas forcément dans son régime alimentaire. On a déjà retrouvé des poules d’eau, des rats et des cailloux dans un estomac. Pour plus d’information sur l’animal en lui-même vous pouvez aller sur la fiche juste ici

Ce format est réalisé afin de supprimer le coté monstrueux du requin et vous montrer en quelques sortes sa routine et comment il vit, ainsi que démontrer que ces animaux peuvent vivre en groupe. Nous allons donc parler dans cet article de groupes de requins dans une zone de répartition bien défini. Ces animaux ont une vie comme vous et moi et je vous propose de retenir votre souffle et de me suivre sous l’eau afin de voir certaines de leurs façon de vivre.

On se fait un resto ce soir ?

Il a été démontré que certains requins de récif, dont le pointes noires, augmentent leur activité la nuit ou à l’aube et au crépuscule, généralement attribuée à la recherche de nourriture. Comme avec de nombreux autres prédateurs, les requins ont une vision bien adaptée aux conditions de faible luminosité, ce qui leur donne un avantage sur leurs proies. Carcharhinus melanopterus à Palmyra Atoll, par exemple, peut être plus actif en début de soirée en raison, en partie, de leur avantage sensoriel pendant cette période. 

Des groupes composés de peu d’individus ont été remarqués en train de chasser ensemble en faisant en sorte d’amasser un groupe de poissons soit au bord de la plage, soit contre une paroi corallienne afin de ne pas leur laisser le choix et combler tous les estomacs.

requin pointes noires (Carcharhinus melanopterus) Crédit : Galice Hoarau

Groupe/solitaire ?

Selon une étude de 2012, les requins peuvent former des groupes sociaux complexes, en effet quatre groupes distincts ont été observés. Le groupe A est le plus grand et celui-ci est divisé en deux sous-catégories, bien qu’il soit le plus grand, c’est aussi le plus divisé socialement. À l’opposé, on retrouve le groupe D qui est plus petit mais plus solidaire. En terme d’individus dans ces deux groupes, il y a autant de femelles que de mâles, cependant dans les autres groupes, on retrouve un plus grand nombre de mâles.

 Mais pourquoi un tel résultat, la réponse semble être que chaque individu trouve un binôme notamment grâce à la recherche de nourriture, mais surtout à force d‘interactions répétées ainsi que des liens sociaux à long terme. Et en parlant de long terme, cela leur permet une protection contre les prédateurs, mais aussi certaines facilités pour la recherche de nourriture et pour la reproduction. La structuration d’un groupe peut également résulter d’un comportement d’évitement afin de former des groupes spécifiques au sexe pour éviter le harcèlement par les mâles et les blessures pendant l’accouplement.

Se cacher pour survivre ?

De plus, la turbidité élevée peut également contribuer à augmenter la taille et les taux de croissance par rapport aux juvéniles étudiés dans des environnements d’eau claire. La turbidité est un facteur important du comportement et de la répartition de certains poissons. Les conditions troubles à Cleveland Bay pourraient réduire la prédation sur les juvéniles C. melanopterus et leur permettre de se nourrir avec moins de perturbations des prédateurs, entraînant une croissance et une survie accrues. Néanmoins, cela est spéculatif et davantage de données sont nécessaires sur les effets de la turbidité (quand il y’a des matières en suspension dans l’eau, la rendant épaisse) sur l’alimentation, la croissance et  la survie pour prédire comment la clarté de l’eau pourrait affecter les populations de pointes noires.

requins pointes noires (Carcharhinus melanopterus) Credit : Galice Hoarau

On dort où ?

Le choix de l’habitat dépend de plusieurs facteurs notamment le préférendum thermique (chaque animal à une préférence de température avec un écart plus ou moins conséquent), mais aussi de la différence de sexe. En effet, les femelles préfèrent rester a l’intérieur du lagon car elles sont non seulement protégées des mâles qui peuvent être violents (notamment pendant l’accouplement) mais aussi et surtout pour se protéger des prédateurs et protéger leurs progénitures.

 En parlant des petits ou futurs petits, le fait que la génitrice soit en eaux plus chaudes peut favoriser le développement de l’embryon et de manière générale le temps de gestation. Un autre facteur peut influencer l’habitat, le dimorphisme sexuel, sur certaines espèces, on observe une différence des tailles et de manière générale les femelles sont plus grosses que les mâles comme par exemple le mérou brun et le poisson clown commun (Epinephelus marginatus, Amphiprion ocellaris), cela vaut aussi pour nos amis à ailerons. Les mâles quant à eux ont une préférence pour l’extérieur du récif car la nourriture est plus abondante. 

Sources

Animal behaviour (2012) Evidence of social communities in a spatially structured network of a free-ranging shark species

Journal of fish biology (2013) Population structure and residency patterns of the blacktip reef shark Carcharhinus melanopterus in turbid coastal environments

Journal of fish biology (2013) Population structure, spatial distribution and life-history traits of blacktip reef sharks Carcharhinus melanopterus

Matteo Maurel

Je suis un jeune ayant fait des études d'aquariologie, passionné des requins, ayant travaillé avec certaines espèces en aquarium, avec comme objectif de changer les mentalités.

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