Un requin d’eau douce ?

Un requin d’eau douce ?

Si l’on vous parle de requins, vous pensez à la mer, cependant il a été trouvé des requins vivant en eau douce. Certaines espèces comme le requin bouledogue (Carcharhinus leucas) sont capables de remonter les cours d’eau et de tenir un certain temps en eau douce, le requin que nous allons voir est capable de tenir toute sa vie en eau douce car il a un organisme qui est adapté à ce mode de vie.

À quoi ressemble-t-il ?

Le requin est brunâtre sur le dos, passant au gris latéralement et blanchâtre ventralement. Les troisième, quatrième et cinquième fentes branchiales sont au-dessus de la base de la nageoire pectorale (quelque chose de commun à quelques autres requins aussi). Le museau est court et l’œil est minuscule. Ce requin à un œil minuscule très probablement car c’est une caractéristique dégénérative chez cette espèce, qui passe la majeure partie de son temps dans les eaux, où la vue a une valeur limitée

Il existe trois espèces , Glyphis glyphis, Glyphis Gangeticus et Glyphis garricki.

Est-ce qu'il vit seulement en eau douce ?

Les requins de rivière sont un groupe unique sur le plan de l’évolution, spécialisé pour habiter les grandes rivières et estuaires. Ils ne sont cependant pas des espèces d’eau douce, mais plutôt des euryhalines (capable de survivre à de gros chocs de salinité et donc de vivre en milieu marin comme en eau douce) s’appuyant à la fois sur les environnements fluviaux et marins. Des données australiennes suggèrent que les Glyphis juvéniles habitent les rivières influencées par les marées, de salinité faible à marine, tandis que les adultes sont généralement considérés comme présents dans les zones côtières et les eaux marines.

Cependant, les spécimens adultes de Glyphis sont rarement rencontrés, surtout dans le milieu marin. L’exception est Glyphis garricki pour lesquels des adultes sont régulièrement enregistrés dans les milieux riverains, alors que les premiers adultes Glyphis glyphis n’ont été enregistrés que très récemment, étant repéré près de la côte du sud de la Nouvelle-Guinée.

La souffrance en silence

Les observations de Glyphis gangeticus sont rares, le plus souvent historiques, et souvent basées sur des données relatives aux mâchoires uniquement. Dans la mer d’Oman, l’étendue occidentale de l’aire de répartition de l’espèce, il existe des enregistrements basés sur des mâchoires antérieures à 2005, mais le statut actuel de l’espèce dans cette région est pratiquement inconnu. 

L’état de conservation de l’espèce est très préoccupant. Par exemple, des enquêtes ciblées récentes dans sa seule zone d’occurrence connues à Bornéo, la rivière Kinabatangan, n’ont pas permis de localiser des documents. Compte tenu de la rareté potentielle de cette espèce et de ces espèces en danger critique d’extinction, même de faibles niveaux de prises illégales ont probablement des effets négatifs au niveau de la population.

Des mesures devraient être envisagées de toute urgence compte tenu de la suspicion des  faibles populations. Si il n’y a plus de femelles reproductrices dans une rivière, il y a très peu de chances  pour que d’autres populations prennent le relai. Compte tenu des mentions localisées de Glyphis gangeticus dans la Mer d’Arabie et la spécificité de l’habitat de cette espèce, des actions de gestion urgentes sont nécessaires. 

Celles-ci devraient se concentrer sur des relevés accrus pour déterminer la taille de la population autour de la rivière Indus au Pakistan et pouvant s’étendre au nord-ouest de l’Inde. Il est important de noter que ces efforts devraient être combinés avec la sensibilisation des pêcheurs et la formation d’identification des espèces protégées ainsi que la surveillance et l’application accrut des règlements.

Pourquoi faut il protéger ce requin ?

La taille de la portée et la période de gestation ne sont pas enregistrées, bien que l’on sache qu’il est vivipare. Cependant, leur cycle biologique est probablement similaire à celui d’autres requins de rivière, caractérisé par une longue gestation, une croissance lente, une maturité retardée et une petite taille de portée. On considère également que (Glyphis gangeticus)  couvre plus de 100 km en amont et en aval. La présence d’individus nouveau-nés dans la rivière Hooghly suggère que les jeunes peuvent naître en eau douce.

Des hypothèses sont également formulées pour éclairer une dépendance migratoire non-obligatoire pour cette espèce. Les requins glyphis sont, depuis les années 90, sous le feu des projecteurs à l’échelle mondiale. À la poursuite de cet exemple peu connu, mais épique de journal de bord évolutif de l’Inde où le spécimen type a été découvert, une bonne représentation de l’état de l’habitat et de la prévision des paramètres écologiques du requin du Gange a été fournie. Au Bangladesh, l’espèce était annotée dans des publications en 2009 et 2015.

Glyphis gangeticus est l’un des 20 requins de la liste rouge mondiale de l’UICN des espèces de requins en voie de disparition. L’espèce est actuellement classée en danger critique d’extinction. Glyphis gangeticus et Glyphis glyphis sont protégés en vertu de l’annexe 1 de la Wildlife (protection) Act of India, 1972. Cependant, l’efficacité de cette mesure est inconnue et ces réglementations peuvent être difficiles à appliquer, avec une pêche artisanale diffuse, mais répandue sur un réseau hydrographique majeur pour la consommation locale ainsi que pour le commerce international.

Une baisse de requins du Gange a été suspectée en raison de plusieurs facteurs tels que le statut peu connu, l’insaisissabilité et l’habitat à aire de répartition restreinte, le faible taux de reproduction possible, la maturité lente, la mortalité élevée des juvéniles, présence possible dans le commerce oriental des nageoires ainsi que dans les pêcheries côtières (observation des mâchoires sur le marché international au cours des dernières années).

Sources bibliographique

Journal of Fish Biology (2018)

Environmental Biology of Fishes 49: 400, 1997.
1997 Kluwer Academic Publishers. Printed in the Netherlands

Dhaka Univ. J. Biol. Sci. 26(1): 111-116, 2017

Retrouver la fiche espèce le concernant en cliquant ici.

Matteo Maurel

Je suis un jeune ayant fait des études d'aquariologie, passionné des requins, ayant travaillé avec certaines espèces en aquarium, avec comme objectif de changer les mentalités.

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